18 juin 2009 : Charente Lait
Présentation à la réunion du 18 juin
Par Joanna Mahieux
Pourquoi une enquête? :
Charente Lait est un site classé. Cela veut dire que son activité a un impact polluant sur l'environnement du coup, l'entreprise doit demander une autorisation en Préfecture et la décision est liée à une enquête plublique.
L'entreprise à été mise en demeure par la Prefecture de refaire une demande d'autorisation car sa production ne correspondait pas à l'autorisation initiale de 1987 (cela fera l'objet d'un autre article)
Cela s'est fait un peu maladroitement à Surgères : les travaux ont commencé avant la fin de la consultation. Il y a même eu un article dans l'hebdo 17. On peut déplorer cet état de fait, trouver que c'est maladroit mais c'est légal. La Mairie aurait pu s'opposer aux début des travaux, elle ne l'a pas fait.
Avis d'enquête publique défectueux :
L'avis d'enquête publique a été plutôt discret : un encart confidentiel, des mini affiches sur les panneaux officiels. Notons qu'après notre tractage, les affiches ont été agrandies, preuve que la critique était fondée.
Ensuite la formulation laissait penser que les horaires étaient restreints et qu'on ne pouvait aller à la Mairie que lors des permanences du Commissaire Enquêteur. Il n'était pas précisé non plus que le Commissaire Enquêteur était là aussi pour écouter les habitants. C'est dommage, certaines personnes n'ont pas osé venir car elles ne savaient pas quoi écrire.
Ce que j'avance est facile à prouver :
au bout de 15 jours d'enquête, il y avait 17 personnes qui étaient venues.
Après notre alerte : 97 personnes avaient signé et d'autres avaient envoyé des courriers.
Entretien avec le Commissaire Enquêteur :
Nous étions presque une vingtaine à dialoguer et argumenter le dernier jour. Beaucoup de passages, de gens qui faisaient la queue pour émarger. M. le Commissaire Enquêteur a pris beaucoup de notes.
Cela dit, il nous a souvent précisé que l'enquête ne portait pas sur les épandages et les problèmes d'odeurs car cela n'était qu'une conséquence annexe de l'agrandissement. (Je crois qu'il a bien compris que ce n'était pas très annexe pour nous).
Lors de cet entretien nous avons appris, par une des personnes présentes, bien renseignée sur le sujet, que Charente Lait déversait l'équivalent d'une ville de 100.000 personnes. A un tel niveau de « production » on devrait employer d'autres moyens de traitement que l'épandage simple. Surtout sur une si petite surface, dans quel état doivent être les sols. C'est un problème d'échelle. Si on produit autant de déchets, on traite c'est tout, on ne balance pas ça ni vu ni connu sur les cultures (que l'on va manger après).
La question se pose : si ça fait « dix ans que ça dure » (dixit un surgérien), pourquoi Charente Lait n'a-t-il pas fait les investissements nécessaires pour protéger notre environnement?
Nous avons appris que les autres usines de Charente Lait avait des dispositifs de d'épuration d'eau (nous sommes en train de vérifier l'info)
Les délais de l'enquête :
Après la fermeture de la consultation, le Commissaire Enquêteur a 8 jours pour compiler les remarques et demander des précisions ou des éclaircissements à l'entreprise.
L'entreprise doit répondre dans les 15 jours.
Si tout va bien, le rapport du Commissaire Enquêteur sera disponible en Mairie 3 semaines après la fin de l'enquête. Soit mi-juillet.
Compte-tenu des vacances d'été et le délai de consultation à la Préfecture on ne pourra pas connaître la décision finale avant octobre... voire la fin de l'année.
Nous avons déjà commencé d'autres actions : après l'alerte lancée auprès des Surgériens, nous avons prévenus les élus de la ville.
Alerte du Conseil Municipal :
Nous avons alerté à ce sujet le Conseil Municipal qui devait se prononcer à bulletin secret sur l'activité de Charente Lait.
IV.1 : Demande d'autorisation d'exploiter un établissement de fabrication de beurre et de caséine sur la commune par la société Charentes-Lait - Avis ( Vote à bulletin secret )
Chaque Conseiller Municipal a reçu un courrier lui expliquant bien l'aspect écologique du problème. Personne n'est contre l'exploitation de la laiterie mais tout le monde est contre ses nuisances. Nous voulions obtenir 2 votes (1 Charente Lait et 1 nuisances)
La preuve que le sujet est épineux, le vote s'est finalement fait à main levée : l'opposition a voté contre, la majorité pour.
Nous avons interrogé un élu de la majorité sur cette décision. L'argument principal est que l'on ne peut pas faire grand chose, que c'est « comme ça » et que Charente Lait a donné des gages : un épandage plus étendu (!!) et un brassage des bassins de stockage.
Nos observations:
Au sujet des épandages plus étendus pour « diluer l'odeur », moi je veux bien mais on va en avoit au nord ET à l'ouest, comme ça l'été, quelque soit le vent on en profitera bien. (Pour info les vent dominants en été sont de Nord Nord Ouest )
Et pour le brassage.. et bien la boue reste mélangée à l'eau et le tout va sur les cultures. Cela ne résoud pas le problème du traitement des polluants. N'oublions pas qu'il s'agit d'eaux usées qui ont servi à nettoyer des cuves. Et le lait est l'un des meilleurs support à germes.
Conclusion :
Que les choses soient bien clair. Nous ne sommes pas contre Charente Lait et nous ne voulons pas que l'entreprise ferme.
Nous voulons juste vivre dans un environnement sain qui ne soit pas nauséabond et nous voulons que l'entreprise prenne ses responsabilités.
Nous ne sommes pas des professionnels mais avec un peu de bon sens on pourrait penser que l'avantage d'une station d'épuration par exemple serait de permettre aux agriculteurs d'arroser leur champs avec de l'eau propre et d'utiliser les boues comme engrais en hiver. Ce qui éviterait de tout vaporiser en même temps et ça sentirait beaucoup moins.
D'aucun avance la menace de la fermeture de Charente Lait et des licenciements qui en découleraient.
Le chantage à l'emploi quand il s'agit de santé publique nous semble inacceptable. Alors ont serait revenus à 19ème siècle? Si vous voulez travailler : acceptez de voir vos enfants malades! Et quand bien même, si l'entreprise s'en va : on se retrouve au chômage ET malade pareil parce que l'entreprise se fiche de polluer notre ville. Nous ne sommes pas contre les employés de Charente Lait, bien au contraire.
D'un point de vue économique, les mauvaises odeurs sont un obstacle à toute idée de développement touristique. Vous vous imaginez passer des vacances à côté d'un épandage?
Sans parler des effets désastreux sur les nouveaux arrivants qui sont demandeurs de services. P(as de nouveaux : pas de service, pas de culture > pas d'emplois).
Les maisons ne vont plus se vendre ou alors à des gens qui n'ont vraiment pas le choix... ça va changer le profil de la population.
Nos moyens d'action pour l'instant
- Surveiller les suites de l'enquête et vous prévenir
- Nous pouvons contester l'enquête pour vice de procédure (défaut de publicité) et cela bloquerait Charente Lait et annulerait son autorisation d'exploiter (mais on préfère éviter)
- Lancer une pétition pour exiger de Charente Lait une mise aux normes de ses installations de traitement des eaux usées
- Emettre une plainte systématique à chaque pollution
- ...
- liste non exhaustive


Ce n’est pas dix ans, mais 20 ans que les odeurs sont plus que présentes. J’habite pas loin du premier stockage destiné à l’arrosage. C’est très difficile à vivre et tout le monde se rejète “la balle”. Contacté plusieurs fois, le principal arroseur est à 400 m de chez moi, et ne veut rien entendre, arguant du fait qu’il a un contrat et qu’il ne peut pas faire autrement que d’arroser avec les eaux pestilentielles de Charente Lait.
Aujourd’hui, en 2011, c’est bien pire avec le nouveau bassin de stockage. Les brasseurs ne servent qu‘à remuer l’eau, c’est leur fonction. Mais pour tout traitement, c’est une véritable station d‘épuration qu’il faut. Je travaille très souvent dans ce genre d’installation, et ça ne sent pratiquement rien lorsque c’est bien étudié. Certes, c’est beaucoup plus cher. Mais le prix en vaut la peine lorsqu’il s’agit de santé publique. Vous pouvez venir sentir par vous même vers chez moi, et vous verrez que comparativement, Surgères sent bon…